La P'tite Jouille avait des fossettes aussi larges que des nombrils. Ses mèches en ficelles coupaient son regard vert. Quand elle disait qu'elle ne voulait pas, elle ne voulait pas. Quand elle disait qu'elle voulait, elle voulait. Fallait pas lui en promettre à la p'tite. On était capable d'entendre son rire moqueur jusqu'à Latche, de l'autre côté du côteau. Ça faisait pourtant pas peur au Jean Boin, au Clovis Lange, au Gaston Dentrepierre ou aux autres jeunes poilus du canton. Un vrai essaim d'abeilles autour d'une poire bien mûre. C'était plus fort qu'eux, c'était plus fort qu'elle. Une espèce d'attirance animale qui les bousculaient dans les fossés pour la regarder sortir ou rentrer ses vaches avec ses cris de gorge à faire damner des saints aux cieux. Quelques fois, par la grâce divine, elle se laissait tomber à l'intérieur et là, fallait être à la hauteur et bien se rappeler ce qu'on susurre à l'oreille des jeunes mariés, le soir du bal, avec un air grivois, comme les "Qui sort sa herse du sillon, perd sa récolte" ou d'autres improbables "Il faut tourner sa langue sans casser des œufs". Pour l'heure, ça faisait belle lurette que la p'tite Jouille avec sa p'tite bouille, elle en avait fait manger des omelettes !
CLdelaC
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Jeux d'écriture de L'Atelier des mots : la consigne était d'inventer une maxime -en prenant par exemple une maxime existante et en la modifiant- puis d'écrire un texte court où devait figurer cette maxime. La maxisme que j'ai inventée était ici : "Il faut tourner sa langue sans casser des oeufs". Bizarre, non ?
Ne vous censurez pas... A vous de jouer !
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